Prix National de l’agrobiodiversité animale 2019 : le porc de Bayeux, la chèvre des Pyrénées et le lapin chèvre à l’honneur

Libourne, 28 février 2019 – À l’occasion du Salon International de l’Agriculture de Paris, Ceva Santé Animale et la Fondation du patrimoine ont remis ce jour, sous le haut patronage du Ministère de l’Agriculture, le « Prix National de la Fondation du...

Libourne, 28 février 2019 À l’occasion du Salon International de l’Agriculture de Paris, Ceva Santé Animale et la Fondation du patrimoine ont remis ce jour,sous le haut patronage du Ministère de l’Agriculture, le « Prix National de la Fondation du patrimoine pour l’agrobiodiversité animale ». Il récompense deux éleveurs et une association pour leur engagement dans la préservation et la valorisation de races agricoles locales à faible effectif, représentatives d’un patrimoine génétique unique :

  • 1er prix de 10 000 € pour le porc de Bayeux (Calvados)
  • 2e prix de 6 000 € pour la chèvre des Pyrénées (Ariège)
  • 3e prix de 4 000 € pour le lapin chèvre (Vendée)

Sauvegarder la biodiversité animale pour sauver l’agriculture rurale

Selon un récent rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la production animale mondiale repose sur environ 40 espèces, dont une poignée seulement fournit la grande majorité de la viande, du lait et des œufs. Sur les 7 745 races de bétail locales répertoriées par pays dans le monde, 26% sont menacées d'extinction1. En France, plus de 80% des races locales (toutes espèces confondues) sont considérées comme menacées d’abandon2.

Dans ce contexte, la conservation de la biodiversité animale constitue, plus que jamais, une priorité majeure pour préserver l’identité des territoires, notre capital génétique et par conséquent notre potentiel agricole rural. Le rapport de la FAO souligne tout de même une prise de conscience générale : 80% des 91 pays déclarants indiquent utiliser une ou plusieurs pratiques et approches respectueuses de la biodiversité, telles que l’agriculture biologique ou l’agriculture de conservation.

Créé par Ceva Santé Animale et la Fondation du patrimoine, soutenu par un mécène privé, le Prix National pour l’agrobiodiversité animale illustre aujourd’hui une ambition commune de valoriser la biodiversité à travers un projet économique viable ancré dans son territoire. Placé sous le haut patronage du Ministère de l’Agriculture, il récompense des actions originales de préservation et de valorisation de races agricoles françaises domestiques à faible effectif, représentatives d’un patrimoine génétique unique : bovins, caprins, équidés, ovins, porcs, chiens de travail, volailles et autres animaux de basse-cour.

Pour désigner les lauréats, le jury s’est appuyé sur trois critères majeurs : la valeur économique du projet, son impact social ou environnemental sur un territoire, les actions de sensibilisation et de communication autour d’une race à préserver.

« En tant que premier laboratoire vétérinaire français, Ceva se mobilise pour soutenir toutes les formes d'agriculture et ainsi participer à la préservation de l'agrobiodiversité. À ce titre, nous avons à cœur de soutenir des éleveurs qui se sont engagés dans des projets d'agriculture durable et de valorisation de la biodiversité animale. Cette année encore, la richesse des projets et la mobilisation des éleveurs permet de mettre en lumière des races locales exceptionnelles dont la sauvegarde contribue à préserver nos écosystèmes, nos territoires et notre patrimoine génétique. », souligne le Dr Marc Prikazsky, PDG de Ceva Santé Animale.

« La Fondation du patrimoine a reçu pour mission de sauvegarder le patrimoine bâti en même temps que le patrimoine naturel. N’opposons pas nature et culture, la biodiversité et les activités humaines. Dans les campagnes, nos races agricoles locales ont façonné les paysages et continuent aujourd’hui de les préserver. Elles sont riches d’un patrimoine génétique unique. Nous sommes fiers de pouvoir soutenir à travers ce prix des éleveurs qui sauvent ce patrimoine, vivant et qui nous appartient tous. » Célia Verot, Directrice générale de la Fondation du patrimoine. 

1ER PRIX : PORC DE BAYEUX   NORMANDIE - Calvados                      

Dotation : 10 000 €
Porteurs du projet : Antony et Muriel Angée, éleveurs
Ville : 14130 Coquainvilliers

Le porc de Bayeux est issu du croisement au XIXe siècle entre cochons normands et Berkshire (porc anglais de couleur noire et à pieds et groins blancs). Surconsommée pendant la Seconde Guerre Mondiale, la race commence à décliner rapidement avant d’être quasiment décimée en 1944 lors du débarquement allié. En 1984, un programme de sauvegarde est lancé. Si les effectifs restent modestes, ils sont en train de remonter peu à peu. Le porc de Bayeux fournit une viande persillée de grande qualité, ferme et dense, réputée dans la gastronomie normande et très prisée dans la confection de charcuterie. 
Le jury a été séduit par le projet d'Antony et Muriel Angée pour le développement d’une race à faible effectif dans sa région d’origine avec un mode d'élevage "familial" et "naturel" en plein-air et sur un temps long de 18 mois (contre 5 à 6 mois dans la plupart des élevages intensifs). Autre atout : Antony et Muriel transforment eux-mêmes l’ensemble de leurs produits. Une grande variété de viande et de charcuterie est vendue à la ferme ou sur le marché de Lisieux. Le jury a également été sensible à la communication qui est faite autour de la race, notamment à l'occasion d'une participation régulière à des fêtes et foires régionales, et lors de visites à la ferme.

2E PRIX : CHÈVRE DES PYRÉNÉES   OCCITANIE - Ariège

Dotation : 6 000 €

Porteur du projet : Association de sauvegarde pour la race chèvre des Pyrénées
Ville : 09000 Foix

Très ancienne race française qui a failli disparaître dans les années 1980, la chèvre des Pyrénées suscite peu d’intérêt auprès de l'agriculture conventionnelle mais elle est particulièrement apte à valoriser des espaces montagneux naturels, y compris les espaces en déprise qui possèdent des végétations peu consommées par les espèces bovines et ovines (ronciers, arbustes envahissants, recrûs de ligneux...). Les produits issus de chèvres entretenues dans ces milieux sont de grande qualité (fromages fermiers, viande de chevreaux élevés sous la mère). Depuis 2004, l’association agit pour la sauvegarde de la race chèvre des Pyrénées : gestion génétique, communication sur les aptitudes et la manière de les exploiter, contacts réguliers avec les éleveurs. Elle a ainsi enregistré des résultats positifs en termes d'augmentation des effectifs animaux et du nombre d'éleveurs. Le jury est heureux de récompenser l’association qui mène depuis longtemps de nombreuses actions en faveur de cette race menacée.  

3E PRIX : LAPIN CHÈVRE  PAYS-DE-LA-LOIRE - Vendée

Dotation : 4 000 €

Porteur du projet : Baptiste Vivinus, éleveur
Ville : 85200 Fontaines

Le lapin chèvre est un lapin de ferme très ancien dont le standard n'a pourtant été défini qu'en 2004. Son berceau d'origine est la Nouvelle-Aquitaine, notamment la Saintonge. Le lapin chèvre est reconnu pour la qualité de sa chair et de sa fourrure, très rustique.
Aujourd’hui, la production du lapin de chair se fait très largement dans un contexte "industriel". Peu d'éleveurs fermiers osent s’engager dans l’élevage "naturel" pourtant préféré par les consommateurs. Baptiste Vivinus a justement fait le choix de la qualité et plusieurs composantes de son projet ont été particulièrement appréciées par le jury telles que la sauvegarde d'une race de lapin à très faible effectif, inscrite dans un réel projet économique, l'orientation "agriculture biologique" de son élevage, ou encore l'accent mis sur la qualité gastronomique de la viande.

1 « The state of the world’s biodiversity for food and agriculture », FA0, 02-2019

2 Bovin, ovin, caprin, porc, cheval, âne, poule, dinde, oie, canard - Source : INRA, Étude ‘Races menacées’, 11-2014

Composition du jury 2019

Président :

Professeur Bernard DENIS, agrégé de zootechnie, ancien professeur de l’école Nationale vétérinaire de Nantes, président de la société d'Ethnozootechnie, membre de l’Académie d’Agriculture.

Membres :

-          Jean-Paul AMAT, délégué national au patrimoine naturel de la Fondation du patrimoine ;

-          Dr Arnaud BOURGEOIS, membre de la société d’Ethnozootechnie, docteur vétérinaire, éleveur et propriétaire d’une ferme conservatoire composée de races à petits effectifs ;

-          Philippe-Jacques DUBOIS, ornithologue, écologue, écrivain naturaliste, directeur des Éditions Delachaux et Niestlé (Groupe Lamartinière), membre de la société d’Ethnozootechnie, spécialiste des races animales domestiques menacées, membre du programme national Patrimoine naturel de la Fondation du patrimoine ;

-          Delphine DUCLOS, Institut de l'Élevage, chef de projet ressources génétiques-suivi de races bovines et caprines à petits effectifs - cryobanque nationale outils pour la gestion des populations ;

-          Jean-Olivier LE GAL, chargé de mission génétique des monogastriques et suivi institutionnel du dispositif génétique au ministère de l’Agriculture ;

-          Dr Marc PRIKAZSKY, docteur vétérinaire, PDG du groupe Ceva Santé Animale ;

-          Emmanuel RIBAUCOURT, membre de la société d’Ethnozootechnie et membre du programme national Patrimoine naturel de la Fondation du patrimoine.

 - Fin -

>>>PDF disponible ici : 2019-02-28_Ceva_CP_RemisePrixAgrobiodiversite2019_Web_V1 (1).pdf 

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