La biodiversité mise à l'honneur cette année dans le Grand-Est, en Normandie et dans le Centre-Val-de-Loire

Paris, le 2 mars 2020 – Pour la 8e année consécutive, le "Prix national de la Fondation du patrimoine pour l’agrobiodiversité animale" vient d’être remis à l’occasion du Salon International de l’Agriculture. Deux éleveurs et une association ont été récompensés...

Paris, le 2 mars 2020 Pour la 8e année consécutive, le "Prix national de la Fondation du patrimoine pour l’agrobiodiversité animale" vient d’être remis à l’occasion du Salon International de l’Agriculture. Deux éleveurs et une association ont été récompensés pour leur engagement dans la sauvegarde et la valorisation de races agricoles françaises menacées de disparition :

La biodiversité au service du Made in France, avec des projets valorisant la cosmétique, le textile et le patrimoine vivant

Pour cette 8e édition, Sandrine Arcizet, journaliste et présentatrice TV spécialiste des animaux et nouvelle marraine du Prix, est allée à la rencontre des lauréats. À travers leurs interviews, elle dévoile leurs histoires, leurs projets mais surtout leur engagement pour sauver la biodiversité agricole française.

1er Prix : Sarah Bernhard, éleveuse de chèvres de Lorraine          Grand-Est 52 - Haute-Marne

Dotation : 10 000 €
Ville : 52500 Pierrefaites 

Depuis 4 ans, Sarah élève en plein air un troupeau de chèvres de Lorraine. Afin de promouvoir cette race caprine dite à faible effectif (environ 700 têtes en France) et contribuer à sa plus large notoriété, l’éleveuse a eu l’idée de créer une gamme de cosmétiques à base de lait de chèvres : savons solides, baumes à lèvres, beurres corporels… Pour ce faire, elle a déjà aménagé un laboratoire de production lui permettant d’imaginer de nombreux produits de cosmétologie dont la production et la commercialisation seront lancées au printemps 2020.

2e Prix : « Laines à l’Ouest », collectif d’éleveuses de moutons Roussin de la Hague, Avranchin et Cotentin           Normandie 50 - Manche

Dotation : 6 000 €
Ville : 50430 Lessay

Ce collectif d’éleveuses et de créatrices textiles souhaite valoriser les toisons des races ovines normandes menacées : le Roussin de la Hague (environ 3 000 têtes en France), le mouton Avranchin (environ 700) et le mouton Cotentin (environ 1 000). Depuis 2017, Laines à l’Ouest travaille à la production de fil à tricoter produit en Normandiegrâce à la collecte de toisons chez 20 éleveurs de la région. Chaque année, le volume de laine collecté double, ce qui implique aujourd’hui d’améliorer les modes de tri, de stockage et d’augmenter la visibilité du collectif auprès des tricoteuses au-delà de la région. En 2020, le collectif souhaite être capable de rémunérer les porteuses de projet, de travailler avec une petite industrie de transformation et espère ainsi promouvoir davantage les atouts de la laine des races locales. Son objectif : faire connaître au grand public le patrimoine français que sont l’élevage et l’artisanat.

3e Prix : Achille de Sparre, éleveur de brebis solognotes et porcs Culs Noirs Limousin .         41 – Loir-et-Cher Centre-Val-de-Loire 

Dotation : 4 000 €
Ville : 41250 Tour-en-Sologne

Achille De Sparre élève en plein air des brebis de race Solognote et des porcs Culs Noirs Limousin, deux races anciennes à faible effectif (respectivement 3 000 têtes environ et 120 têtes environ). Installé depuis 2017, il propose la vente de produits de ces deux races (viande, charcuterie) et des prestations d'éco-pâturage accompagnées d’actions de communication pédagogiques. Achille De Sparre a pour projet de développer la vente directe grâce à la création d’une boutique à la ferme. Afin de valoriser les produits de circuit court, plusieurs éleveurs installés en Sologne, dont Achille de Sparre, se mobilisent pour la création d’une AOP.

La biodiversité agricole française elle aussi menacée

On le sait, la question de la baisse de la biodiversité est cruciale, avec 1 million d’espèces animales et végétales menacées d’extinction1. Parmi elles, 1/3 des races françaises d’animaux d’élevage sont en voie de disparition2 alors que par son histoire, la France possède une grande variété de races ovines, équines, avicoles, bovines, caprines et porcines. Dans de nombreuses régions, des éleveurs se mobilisent pour conserver cette biodiversité, véritable patrimoine génétique qui fait la richesse du paysage agricole français. Développement de l’éco-pâturage, création de fermes pédagogiques, valorisation de la production par la vente directe… il existe autant de projets que d’éleveurs passionnés.

Pour soutenir leur engagement, la Fondation du patrimoine et Ceva Santé Animale, accompagnés d’un mécène privé, ont créé en 2012 le Prix national pour l’agrobiodiversité animale. Placé sous le haut patronage du Ministère de l’Agriculture, il récompense des actions originales de préservation et de valorisation de races agricoles françaises à faible effectif. Pour désigner les trois lauréats, le jury s’appuie sur trois critères majeurs : la valeur économique du projet, son impact social ou environnemental sur un territoire, les actions de sensibilisation et de communication autour d’une race à préserver.

« Aujourd’hui, la biodiversité animale est absolument cruciale, notamment face aux changements climatiques auxquels nous devons faire face. Il est important de soutenir ces éleveurs qui, dans toutes les régions de France, s’engagent dans des projets d'agriculture durable et de valorisation de la biodiversité animale pour préserver nos écosystèmes, nos territoires et notre patrimoine génétique. L’une des plus grandes richesses de notre pays ! », explique le Dr Marc Prikazsky, PDG de Ceva Santé Animale.

« La Fondation du patrimoine a reçu pour mission de sauvegarder le patrimoine bâti en même temps que le patrimoine naturel. N’opposons pas nature et culture, la biodiversité et les activités humaines. Dans les campagnes, nos races agricoles locales ont façonné les paysages et continuent aujourd’hui de les préserver. Elles sont riches d’un patrimoine génétique unique. Nous sommes fiers de pouvoir soutenir à travers ce prix des éleveurs qui sauvent ce patrimoine, vivant et qui nous appartient tous. » Célia Verot, Directrice générale de la Fondation du patrimoine.

1 « Le dangereux déclin de la nature », IPBES (ONU), 05-2019

2 Ministère de l’Agriculture - Journal officiel - « Les races bovines, ovines, caprines et porcines reconnues en France », 27 juillet 2018

Informations complémentaires :

- Liste des lauréats des précédentes éditions : cliquez ICI

- Visuels libres de droits disponibles sur simple demande ou téléchargeables : cliquez ICI

>> Communiqué de presse en version PDF  : 2020-02_PrixAgrobiodiversite_CPlaureats_Vok-web.pdf

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